Nador, une ville en déclin..Espérant que les responsables saisissent la gravité des enjeux

ingenieur..président de AMDH Nador
Contrairement aux apparences souvent biaisées par des discours officiels apaisants, la ville de Nador connaît une réelle crise urbaine qui impacte son positionnement comme capitale de tout le Rif oriental et le deuxième pôle urbain de la région de l’oriental.
Sa zone d’influence qui s’étendait jusqu’au années 90 du petit douar rifain aux principaux centres urbains du Rif oriental (midar driouch ben tien temsamane boudin Arouit selouane zaio…), se trouve actuellement réellement menacé par l’émergence de centres intermédiaires prospères.
La création de la nouvelle province de Driouch tout d’abord, puis la perte d’équipements structurants, tels que l’université, le complexe sportif, la nouvelle prison, l’hôpital provincial en faveur du binôme selouane- arouit, ont beaucoup affecté sa centralité. Les grandes zones d’urbanisation nouvelles ne ne se trouvent plus à nador, et le projet Mar Chica, qui voulait faire de nador une destination touristique de choix, peine à atteindre les objectifs déclarés. Meme le projet du port nador west med a été totalement ignoré par le nouveau plan d’aménagement de cette ville. Les zones d’activités portuaires, la ligne de chemin de fer desservant le port, les zones fret, l’autoroute et les grands noeuds de circulation se trouvent tous ailleurs dans d’autres communes (Arouit, Béni Oukil, Iaazanene et Béni Sidel.
Nador semble étouffée dans un périmètre urbain stérile et saturé. Les extensions futures au nord et à l’ouest sont totalement envahies par une urbanisation anarchique et les terrains agricoles au sud, qui pourrait offrir à la ville des opportunites reelles de developement, attendent toujours leur declassement.
Si selouane, par exemple, a vu son périmètre urbain plus que doublé avec le découpage communal de 2009 en intégrant les grandes réservés foncières de l’Etat, ce qui lui permis de recevoir tous ces équipements perdus par nador, celle-ci n’a connu en l’occurence, qu’une extension insignifiante de son perimetre urbain en intégrant surtout les quartiers d’habitat sous équipes, tels que Taouima et bouizazarene. La commune de nador s’est trouvée du jour au lendemain, devant des demandes urgentes de ces quartiers à restructurer, au lieu de planifier son développement future dans des terrains vierges.
A ceci s’ajoute tout le périmètre dévoré par l’agence Mar Chica qui a divisé la ville d’une manière “bizarroïde” en deux parties gérées par deux textes juridiques distincts et deux manières de gestion différentes.
Alors que la délimitation presque naturelle de cette ville devra s’étendre à mon avis jusqu’à la rocade méditerranéenne du côté sud et sud ouest. Ce qui offrira à la ville des espaces foncièrement assainis, pouvant recevoir des programmes de developement et d’ aménagement susceptibles d’améliorer son attractivité au sein de l’armature régionale.
Il n’est pas trop tard à mon avis d’inverser cette tendance regressive. Les discussions entamées actuellement pour l’elaboration d’un programme de developpement pour Nador, peuvent être l’occasion de mener une reflexion de prospective territoriale qui aura le courage d’affronter ces questionnements. L’objectif est d’aboutir à un plan stratégique concerté avec des scénarii à moyen terme, capables de tirer nador de cette crise pour le bien être de sa population.