Élèves exclus réintégrés au maroc : le corps enseignant en alerte.

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Dans un geste sans précédent visant à lutter contre le décrochage scolaire, le ministère de l’Éducation Nationale a décidé d’offrir une “seconde chance” aux élèves exclus des collèges et lycées, même si leur âge dépasse la limite légale pour leur niveau scolaire. Cette mesure a déclenché une vive controverse et de profondes inquiétudes au sein du corps enseignant, selon le quotidien Assabah dans son édition du mercredi 23 juillet.
**Pour enrayer l’hémorragie du décrochage scolaire : une chance pour 300 000 élèves chaque année**
Cette décision intervient dans un contexte alarmant, où plus de 300 000 élèves quittent prématurément l’école chaque année au Maroc, un chiffre qui pèse lourdement sur le système éducatif. Pour faire face à cette hémorragie, le ministère a donné instruction aux directions provinciales de réintégrer les élèves exclus par décision des conseils de discipline, que ce soit pour échecs répétés ou pour des comportements contraires au règlement intérieur des établissements. Ce processus s’appuie sur le travail de terrain de cellules locales, en collaboration avec les autorités, les collectivités et les associations, pour convaincre les familles et les élèves de retourner à l’école, même après une interruption de plusieurs années.
**Des jeunes d’une vingtaine d’années de retour au collège et au lycée : de nouveaux seuils d’âge qui font polémique**
Le ministère a fixé de nouveaux seuils d’âge pour encadrer ce retour, dont certains ont suscité une grande surprise. Alors que tout élève de moins de 16 ans pourra être réintégré automatiquement, l’âge maximum pour la première année de collège est fixé à 17 ans, 18 ans pour la deuxième année et 19 ans pour la troisième. Au lycée, les jeunes peuvent rejoindre le tronc commun jusqu’à 20 ans, et la première année du baccalauréat jusqu’à 21 ans, avec une tolérance exceptionnelle pour terminer cette année jusqu’à l’âge de 22 ans.
**”Notre sécurité en danger” : les enseignants refusent d’accueillir les “exclus pour violence”**
Bien que certains voient cette décision comme un geste courageux, elle a été accueillie avec un grand scepticisme et une vive inquiétude par le corps enseignant. De nombreux professeurs expriment leurs craintes face au retour d’élèves plus âgés, souvent décrits comme “difficiles à encadrer”, rappelant que de nombreuses exclusions étaient dues à des comportements violents ou à l’indiscipline. Dans un contexte de violence croissante contre le personnel éducatif, qui a parfois conduit à des agressions physiques, les enseignants exigent des garanties de sécurité et de réelles mesures d’accompagnement pour prévenir tout dérapage en classe.
Alors que le ministère affirme que son objectif est de garantir le droit à l’éducation pour tous, la question demeure de savoir si les écoles publiques, déjà sous forte pression, auront les moyens et les ressources nécessaires pour faire de cette expérience risquée un succès.
