Guerre froide à la maghrébine : un rapport américain révèle comment le Maroc et l’Algérie ont transformé le gaz, le blé et les migrants en armes redoutables dans la bataille pour l’hégémonie !

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Une analyse récente de la “Carnegie Endowment for International Peace”, un prestigieux think tank américain, a révélé que la rivalité historique entre le Maroc et l’Algérie a dépassé ses frontières politiques et militaires traditionnelles pour s’étendre à de nouvelles arènes incluant l’économie, l’énergie et la diplomatie, chaque pays utilisant ses cartes stratégiques pour renforcer son influence.
L’Algérie : la carte de l’énergie et de l’alimentation comme levier de pression
Selon le chercheur Hamza Meddeb du Malcolm H. Kerr Carnegie Middle East Center, l’Algérie a redéfini sa position géopolitique en alignant ses importations alimentaires et ses exportations énergétiques sur ses intérêts stratégiques. Cela s’est manifesté en 2021 lorsqu’elle a stoppé les exportations de gaz vers l’Espagne via le Maroc, réduit ses importations d’Espagne et utilisé la carte du blé français comme levier de pression diplomatique.
Le Maroc : les énergies renouvelables et les migrants comme atouts maîtres
En face, le Maroc mise sur les énergies renouvelables comme pilier de sa stratégie géopolitique. Le rapport souligne que “Rabat a réussi à tirer parti de la transition énergétique en Europe pour se positionner comme un partenaire fiable et un leader des énergies propres”. La carte migratoire est un autre axe de la stratégie marocaine, utilisant sa coopération en matière de contrôle des frontières pour renforcer son influence diplomatique, ce qui a influencé les décisions de grands pays comme l’Espagne et la France sur la question du Sahara.
Le Sahel : la nouvelle arène du conflit
Ce conflit s’étend désormais vers le sud, dans la région fragile du Sahel. Tandis que l’Algérie, se sentant de plus en plus isolée, tente de former un bloc maghrébin excluant le Maroc, Rabat a lancé l'”Initiative Atlantique” en 2023, visant à offrir aux pays enclavés du Sahel un accès à l’océan Atlantique via les ports marocains. Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc est en concurrence directe avec le projet similaire de l’Algérie, illustrant la profondeur du conflit d’influence.
Un avertissement contre l’exportation de la crise
Le rapport de Carnegie conclut que les deux pays “poursuivent des stratégies calculées pour s’imposer comme des puissances dominantes”. Cependant, il prévient que cette rivalité acharnée pourrait conduire à “exporter” leurs différends vers des régions déjà instables comme le Sahel, exacerbant les tensions et menaçant la stabilité régionale.
