NADOR WEST MED un méga-complexe portuaire pour l’oriental

NADOR WEST MED
UN MÉGA-COMPLEXE PORTUAIRE POUR L?ORIENTAL

UN PORT TOURNÉ VERS LE TRAITEMENT DES PRODUITS PÉTROLIERS
PRÈS DE 6 MILLIARDS DE DH POUR LA PREMIÈRE PHASE
UN COUP DE FOUET POUR LA RÉGION

Tout porte à croire que Nador West Med deviendra à terme la plateforme portuaire de référence au sud de la Méditerranée. Ce port, dont les travaux de construction devront durer cinq ans, nécessitera un budget de l?ordre de 5,9 milliards de DH lors de la première tranche (cf.www.leconomiste.com).
Situé dans la baie de Betoya à 30 kilomètres de Nador, il aura pour principale vocation la manutention des produits énergétiques. Selon le ministère de l?Equipement, il s?agit, à court terme, du transbordement des produits pétroliers raffinés. Au fur et à mesure de son entrée en service, il permettra de récupérer de manière graduelle le trafic de commerce polluant au sein du port de Bni Nsar (Nador). A plus long terme, il est aussi prévu de mettre en place une filière de raffinage du pétrole brut à l?image du port de Mohammedia.
Plus précisément, la première phase de ce projet se compose d?un terminal divers, un terminal charbonnier, un quai de service et de deux postes pétroliers pour le transbordement des produits raffinés.
Une deuxième phase plus ambitieuse prévoit la réalisation de deux autres postes pétroliers pour la réception du pétrole brut ou raffiné.

60 milliards de DH d?investissements prévus d?ici 2030

La stratégie portuaire nationale a identifié six pôles portuaires: le pôle de l?Oriental dans lequel le complexe portuaire Nador West Med fait figure de fer de lance, tourné vers l?Europe et la Méditerranée, le pôle du Nord-Ouest, porte du Détroit, le pôle de Kénitra-Casablanca, le pôle Abda-Doukkala, centre de l?industrie lourde, le pôle du Souss-Tensift et le pôle des ports du Sud.
La feuille de route portuaire se base sur la continuation des projets déjà lancés et la mise en place de nouveaux. C?est le cas de Nador West Med, mais aussi d?un nouveau port vraquier à Safi. Ce dernier devra assurer l?approvisionnement en charbon de la centrale thermique prévue dans la région. Un autre port est programmé à Kénitra pour assurer le transit de marchandises en vrac et non conteneurisées. Le Sud ne sera pas en reste avec un projet de port en eau profonde à Dakhla. Il devra accompagner le développement de cette région en matière de pêche entre autres secteurs.
Côté financement, c?est un total de 60 milliards de DH qui devront être mobilisés tout au long des deux prochaines décennies. Ils devront s?ajouter aux 20 milliards de DH déjà programmés pour les projets en cours, dont essentiellement Tanger 
Med II et le port Tanger-ville.

Au niveau maritime, ce sont deux digues qui seront construites: une principale de 3.000 mètres et une secondaire de 7 mètres pour la première phase, avec un chemin d?accès de 18 mètres.
Lors d?une phase ultérieure en attente de programmation, c?est un dispositif similaire qui a été prévu avec deux digues, mais avec cette fois un chemin d?accès plus allant jusqu?à 22 mètres de profondeur. L?objectif est de prévoir l?accès des pétroliers de grande taille.
Afin de desservir le projet, des liaisons routières et autoroutières devront relier le futur port au réseau routier national. Au niveau du ferroviaire, une connexion par train devra relier Nador West Med à la voie ferrée Taourirt-Nador.
Par ailleurs, le futur complexe portuaire de Nador West Med aura un fort appui sur son arrière-pays. Il sera adossé en effet à une importante réserve foncière de 850 hectares qui lui sera dédiée. Elle devra constituer à terme une méga-plateforme de stockage de produits pétroliers pour approvisionner non seulement le Maroc, mais les pays de la région, expliquent les experts du ministère de l?Equipement.
Au niveau du financement, le principal bailleur de fonds est l?Etat avec 1,6 milliard de DH auquel se joignent le Fonds Hassan II pour le développement économique et social à travers l?octroi d?un milliard de DH et la holding TMSA avec un apport de 100 millions de DH. Le financement est complété par des emprunts et des partenariats public/privé qui devraient générer un montant de 3,2 milliards de DH.

Le potentiel actuel

Le Maroc dispose de 13 ports multi-usages ouverts au commerce extérieur. C?est le cas, entre autres, de Tanger 
Med, Kénitra, Mohammedia et Casablanca. Il dispose aussi de dix autres ports dédiés à la pêche à caractère régional et 9 autres à caractère local. Le panorama est complété par 6 ports dédiés à la plaisance. En 2011, le volume total de marchandises traitées a été de 96 millions de tonnes, soit une augmentation de 4% par rapport à 2010. Il inclut 22,6 millions de tonnes issues de l?activité de transbordement à Tanger 
Med.
Les importations en volume ont connu une croissance de 4,1% par rapport à l?année précédente pour se placer à 46,4 millions de tonnes. Les exportations ont stagné, quant à elles, à 27 millions de tonnes. L?activité passagers a atteint 3,6 millions de voyageurs, soit une croissance de 5,4% par rapport à 2010.
A l?horizon 2030, il est prévu que le tonnage total traité par les ports marocains dépassera les 370 millions de tonnes, soit plus du double du volume actuel.

Ali ABJIOU

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