Scandale retentissant : comment un médicament vital est-il vendu au Maroc à 9 fois son prix en Turquie ? L’affaire “Baraclude” révèle les dessous du système de tarification

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Une histoire partagée sur les réseaux sociaux a déclenché une colère généralisée après avoir révélé un écart de prix choquant pour le médicament “Baraclude”, un antiviral vital pour les patients atteints d’hépatite B. Son prix au Maroc atteint 5 266 dirhams, alors qu’il ne dépasse pas 580 dirhams en Turquie, pour la même boîte et le même fabricant.

**De 5 266 à 580 dirhams : l’histoire d’une boîte de médicaments qui met le feu aux poudres !**
L’affaire a commencé lorsqu’un citoyen a tenté d’aider une personne malade à se procurer le médicament, pour être choqué par son prix exorbitant de plus de 5 000 dirhams la boîte. Après quelques recherches, il a réussi à obtenir le même médicament de Turquie, au même dosage (0,5 mg) et produit par le même laboratoire international (Bristol-Myers Squibb), pour l’équivalent de seulement 580 dirhams, soit un écart de plus de neuf fois. Cet incident n’est pas une simple comparaison de chiffres, mais un cri qui révèle de profonds dysfonctionnements dans le système de fixation des prix des médicaments au Royaume.

**”Ce n’est pas un cas isolé” : professionnels et défenseurs des droits tirent la sonnette d’alarme**
Mohamed Lahbabi, président de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc, affirme que l’affaire “Baraclude” n’est que la partie émergée de l’iceberg. “Ce n’est pas un cas isolé, des dizaines de médicaments sont vendus au Maroc à des prix beaucoup plus élevés. Au lieu de baisser les prix des médicaments très chers qui pèsent lourdement sur les poches des citoyens et les caisses de l’assurance maladie, le ministère de tutelle a préféré réduire les prix de médicaments déjà bon marché, sans réel impact”, a-t-il déclaré.
De son côté, Ali Lotfi, président du Réseau marocain pour la défense du droit à la santé, estime que les prix des médicaments au Maroc sont “deux à cinq fois plus élevés” que leurs équivalents européens, rappelant que le ministre délégué au Budget, Fouzi Lekjaâ, avait déjà reconnu cette réalité “alarmante et inacceptable” devant le Parlement, sans que cela n’entraîne de mesures concrètes.

**Un décret obsolète : comment les prix des médicaments sont-ils fixés ?**
Le cœur du problème, selon les experts, réside dans le décret de fixation des prix des médicaments, vieux de plus de dix ans. Le prix est calculé sur la base du tarif le plus bas dans un panier de pays de référence (dont la France, l’Espagne et la Turquie), auquel on ajoute des marges fixes pour les distributeurs et les pharmaciens, ainsi qu’une TVA de 7 %. Les acteurs du secteur estiment que cette méthode “purement mathématique” ne tient pas compte du pouvoir d’achat des citoyens ni des volumes de vente, ce qui crée de graves distorsions de prix.

**Une réforme attendue de longue date : le nouveau décret mettra-t-il fin au “chaos des prix” ?**
Le ministre de la Santé, Amine Tahraoui, a annoncé qu’un nouveau projet de décret sur la réglementation des prix était en phase finale et serait bientôt soumis au Conseil de gouvernement. Le ministre a promis que la nouvelle réforme entraînerait une baisse significative des prix tout en encourageant la production locale. Cependant, Ali Lotfi et d’autres acteurs restent sceptiques, se demandant si le nouveau texte parviendra réellement à corriger les déséquilibres flagrants. “Il reste à voir si ce nouveau décret résoudra les inégalités les plus criantes. En attendant, les patients continuent de payer le prix d’un système qui n’a pas encore changé”, conclut-il.

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