NADOR, FORCES VIVES ET POTENTIALITES ECONOMIQUES ENORMES


Abdelkader AZIRAR

Chercheur en Economie & Finances

Ecole Nationale d?Administration -Rabat-

azirar.abd@gmail.com

Durant les premières années de la décennie 1990, la province de Nador était économiquement à son apogée. Jamais elle n?a été aussi riche et aussi ouverte : avec ses 6130 Km2, ses 720 000 d?habitants et ses importantes ressources financières, elle représentait un élément clé pour la promotion de l?économie nationale et l?absorption du chômage à travers le Royaume.

Les liens qui unissent la province de Nador, d?une part à d?autres provinces du Maroc, et d?autres part au Grand Maghrib  à travers l?Algérie et l?Europe à travers l?Espagne, offrent une ouverture indiscutable sur le monde.

Ces rapports ont poussé les travaux avec la plus grande énergie et ont commandé le développement non seulement de la ville, mais de presque toute sa périphérie.

A)    Economie informelle avec des potentialités énormes.

B)     Une mobilisation idéale pour un développement exemplaire de la province et du pays.

A) Economie informelle avec des potentialités énormes.

En fait, la dynamique économique du Nador durant les années 1990, ainsi que le flux des mouvements financiers dans le circuit économique de la province, s?émergeaient dans une atmosphère économique non planifiée. Autrement dit, c?est une dynamique qui s?y réalisait en absence d?un plan global ou des techniques qui permettaient de fixer à la fois les buts à atteindre et les moyens pour les atteindre.

Probablement, cette absence d?une planification officielle figée et handicapante, est en elle-même une politique pour promouvoir la province dans le cadre d?une volonté de libéralisation économique pure et parfaite, vu la particularité de la région et ses opportunités géographiques et démographiques (environ 12 % de la population vivent en étranger).

Cette dynamique économique durant ces années est citée par certains observateurs, comme un exemple des bénéfices du capitalisme du « laisser-faire ». Grâce  à sa position de carrefour, Nador a joué un rôle incontournable entre le Maroc et l?U.E, et entre ces derniers et les pays d?Afrique et du Maghrib. Cette situation a permis d?augmenter les échanges commerciaux et financiers à l?intérieur de la province et entre les zones. Elle était un centre essentiellement tertiaire avec, jusque l?année 1996, des effets d?entraînement avantageux sur les secteurs primaires et secondaires.

En tant que grand receveur de capitaux de l?étranger, symbole de libéralisation économique, axe pivot et carrefour pour les échanges commerciaux, la province peut être considérée à l?époque, comme un modèle de développement qui possédait des caractéristiques similaires à « Hong Kong » ou « Singapour ». Au niveau financier, la province mobilisait des fonds considérables qui sont en principe, investis dans l?immobilier ou épargnés sous formes de dépôts bancaires auprès des établissements de crédit.

Les flux commerciaux étaient aussi très libres, les importations ?plus ou moins non organisés? de tous les produits à quelques exceptions constituaient le créneau vers lequel se convergeaient tous les marchands de toutes les frontières.

Après une période d?euphorie et de croissance soutenue, la fermeture des frontières et la transformation des mesures de régulation, associées à des crises économiques mondiales en dent de scie, ont conduit la province à une récession économique progressive avec un taux de chômage de la population très élevé. Cette récession s?est imposée avec la précarité des infrastructures de base et la modestie du niveau d?éducation.

B) Une mobilisation idéale pour un développement exemplaire de la province et du pays.

Nador dispose toujours d?un important tissu d?entreprises régionales, plus particulièrement dans les domaines en rapport avec la pêche, l?industrie sidérurgique et l?agriculture (notamment, céréaliculture, aviculture et apiculture). Néanmoins, ces secteurs ne disposent pas de moyens et logistiques pour rattraper leurs concurrents à l?extérieur, qui ont su développer leurs facteurs de compétitivité hors prix.

En outre, malgré l?étendue de la superficie agricole fertile (230 000 hectares), la valeur ajoutée agricole est d?une faible importance bien que, compte tenu des possibilités offertes, toutes les chances de sa promotion et de son essor soient réunies.

Au-delà de sa position géographique stratégique et vitale, la province détient de potentialités économiques dont les vertus sont encore sous-exploitées. En matière de tourisme, la province regorge d?une forte diversité de ses potentialités : côtes étendues, sites balnéaires, séries de montagnes fascinantes, lagune, sources thermales, domaine forestier, patrimoine archéologique et culturel, climat convenable et agréable.

Parmi les plus importants projets programmés, la création d?un méga port de transbordement pétrolier pour la Méditerranée. Il sera réalisé pour approvisionner non seulement le Maroc, mais les pays de la région.

Ce complexe contribuera à l?augmentation des capacités de stockage pour l?approvisionnement des pays de la Méditerranée en hydrocarbures. En fait, à travers ce projet, Nador deviendra une zone d?activité pour la chimie et la parachimie  et une plateforme régionale à grande dominante pétrolière.

Les multinationales de raffinerie et pays producteurs (Golf) au lieu d?acheminer directement les cargaisons dans chaque pays demandeur, par voie de tankers géants, viendront stocker en grands volumes à Nador et l?approvisionnement des pays de la région, y compris ceux européens, se fera par des navires de moindres capacités avec des connexions directes et rapides. Toutefois nous nous sommes obligés de soulever des remarques qui n?ont pas été, jusqu?à l?heure, mises au point !

La priorité du gouvernement et des élus, ainsi que des spécialistes de l?environnement est à présent de faire face à la moindre possibilité de l?existence des risques liés à l?instauration et le fonctionnement de ce méga-projet ; quelque soit le taux de probabilité de son déclenchement !

Autrement dit, quel est le prix écologique qui sera payé ? Existe-t-il un coût qui sera subit par les générations futures ? Par une région assez belle ?

D?autant plus que le Royaume a manifesté à maintes reprises sa volonté d?adhésion à la charte de la protection de l?environnement et de la lutte contre la pollution.

Par ailleurs, la province dispose déjà deux importants ports : Beni Ensar et Ras Elma. Le premier est plus crucial et constitue le principal débouché maritime pour la région. Vu l?importance de son matériel et son infrastructure, le port est facilement connectable aux grands axes vitaux.

A cela s?ajoute de grands chantiers d?envergure en cours et d?autres déjà en fonction:

La Rocade Méditerranéenne qui va relier Tanger, Tétouan, El Hoceima, Nador et Saîdia.

L?aéroport international de Nador (Aroui).

La voie ferrée Tourirt-Nador qui va relier la province à l?ensemble du réseau ferroviaire du Royaume.

Le projet en cours « MarTchica », qui vise à promouvoir le tourisme et l?industrie aquatique, avec une enveloppe budgétaire qui dépasse 10 Milliards de Dirhams.

Parc industriel de Tanger.

Programme de mise à niveau urbaine d?une valeur de 850 Millions de Dirhams.

Un ensemble de projets d?investissement dans le cadre de l?INDH pour la lute contre la pauvreté et la précarité.

Il est vrai, qu?il est presque impossible de parler de l?infrastructure d?une province, de ses activités économiques, de ses projets touristiques, de ses parcs, de ses secteurs clés et de ses moyens de transport.. sans faire état des axes routiers. L?Etat doit en fait diriger toutes les branches d?activités.

C?est ainsi qu?un jeu subtil s?engage entre tous les responsables, qui devront promouvoir un projet à la finalité économique et de profits importants. L?allusion est faite à la restructuration de l?axe routier « Nador-Guersif » qui lie la province à d?autres régions du Royaume et connaît une fréquentation journalière très remarquable.

L?importance stratégique de cet axe, combiné aux problèmes de sa structure, prouve la  nécessité d?instaurer d?urgence, une ligne routière alternative, au moins, sous forme de « Route Rapide » avec deux chaussées séparées, permettant d?assurer des transports et des voyages sécurisés et rapides avec des accès bien restaurés et sans croisement brutal.

Le besoin urgent de cette « Voie Rapide », même si ses caractéristiques techniques peuvent être légèrement moins bonnes que pour des autoroutes, tienne au fait qu?il y a une volonté  manifeste de désenclaver la province du reste du pays et que la situation actuelle de la route constitue un cauchemar pour la sécurité routière qui se transforme parfois en axe pas forcément le plus meurtrier, mais qu?on aimerait quand même éviter.

En matière de flux financiers, Nador est considéré par certains observateurs la 3ème place bancaire en terme de dépôts de capitaux au Maroc. Une situation qui s?est exploitée par la dynamique des échanges commerciaux durant plusieurs années et l?importance des transferts des marocains résidents à l?étranger.

S?il est clair qu?un développement économique nécessite un financement équilibré des forces productives à travers une répartition judicieuse des ressources monétaires, le financement de l?économie par les banques ou les investissements de celles-ci à Nador apparaissent contrastés, puisque la participation du système bancaire dans la création des richesses dans la province reste largement inférieure au niveau des dépôts reçus dans la même province.

L?une des plus grandes absurdités ?et injustices flagrantes? de la distribution des ressources consiste dans le fait que, même si les entrées financières des établissements bancaires dans la province augmentent à un rythme plus rapide que l?explosion démographique, un habitant actif sur 4 n?a pas encore d?emploi stable, et nous croyons que plus d?un être sur 6 souffre des conditions de vie indignes (taux de pauvreté : 18%). Au regard de ce problème majeur, nous proposons de diagnostiquer la situation des fonds propres de la province, ses faiblesses et ses potentialités ; et former des acteurs clés (élus, gouverneur, représentants de banques, directeurs régionaux et provinciaux des départements ministériels, associations.. etc.), afin de renforcer la communication autour de la mobilisation des ressources et assurer une répartition idéale de celles-ci. Cette initiative suscite l?engagement des différents acteurs locaux et nationaux pour un changement de comportement et une collaboration en vue d?une meilleure mobilisation des forces économiques et financières.

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CV ABDELKADER AZIRAR

‫2 تعليقات

  1. c’est simple… tu veux l’article sous forme PDF essayer d contacter l’auteur.. je pense qu’il y a un mail

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