La guerre des rues prend fin : une nouvelle loi menace d’euthanasier les chiens errants et impose des amendes choquantes aux Marocains qui les soutiennent !

Ariffino.net/Spécial
Entre les vidéos choquantes de captures violentes et la pression croissante des associations de protection des animaux et des influenceurs internationaux, le Maroc s’est retrouvé au cœur de critiques récurrentes concernant sa gestion des chiens errants. Face à cette situation, le gouvernement a décidé d’agir de manière décisive en préparant un nouveau projet de loi, le premier du genre, visant à établir un cadre réglementaire qui équilibre les impératifs de sécurité publique et les principes de bien-être animal.
Pression internationale et débat de société : pourquoi le gouvernement agit-il maintenant ?
Mustapha Baitas, porte-parole du gouvernement, a expliqué le 10 juillet 2025 que le projet de loi n° 19.25 s’inscrit dans un contexte de “prolifération du phénomène des animaux errants, devenu un défi majeur nécessitant une réponse urgente de l’État”, en soulignant ses répercussions directes sur la sécurité sanitaire et la tranquillité publique. Il a ajouté que ces animaux, par leur multiplication anarchique, “représentent une source préoccupante de transmission de certaines maladies infectieuses et graves, et une cause directe d’accidents de la route et de nombreuses agressions contre des personnes”. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a insisté devant le Parlement le 23 juillet sur la nécessité de gérer ce phénomène avec responsabilité, soulignant que le problème est multidimensionnel : sanitaire, sécuritaire, mais aussi éthique. Le projet de loi, soumis à la commission des secteurs productifs le 22 juillet, reflète cette volonté de trouver un juste équilibre.
“Interdiction de nourrir” : ce que la nouvelle loi change pour les citoyens
Le projet de loi introduit des changements radicaux dans la manière dont les citoyens interagissent avec les animaux errants. L’un des changements les plus notables est qu’il sera strictement interdit à toute personne de prendre en charge un animal errant, que ce soit en l’hébergeant, le nourrissant ou le soignant dans l’espace public, afin d’éviter la prolifération incontrôlée et les risques sanitaires. Le texte impose également à tout propriétaire d’animal de compagnie de l’enregistrer et de lui attribuer un numéro d’identification, avec l’obligation de signaler sa perte dans un délai maximum de trois jours. Si un propriétaire souhaite se séparer de son animal, il devra le remettre exclusivement à l’un des centres spécialisés contre un reçu.
De la rue au centre : quel sort pour les chiens qui seront capturés ?
La loi prévoit la création de “centres de soins pour animaux errants” sous la tutelle des collectivités territoriales et supervisés par un vétérinaire. Ces centres auront pour mission de repérer et capturer les animaux avec des moyens appropriés, de les accueillir, d’évaluer leur état de santé, de leur fournir soins, nourriture et vaccins, et de mettre en œuvre des programmes scientifiques de stérilisation pour limiter leur reproduction. L’euthanasie ne sera envisagée qu’en dernier recours, si l’animal représente un danger avéré ou souffre d’une maladie incurable. Ces centres pourront également, sous conditions, confier les animaux à des personnes ou entités souhaitant les adopter.
Le glaive de la justice : peines de prison et lourdes amendes pour les contrevenants
Pour garantir l’application de ces mesures, le projet de loi a mis en place un arsenal de sanctions dissuasives. Par exemple :
* **Maltraitance :** passible d’une peine de deux mois à un an de prison et d’une amende pouvant atteindre 20 000 DH.
* **Nourrir un animal errant :** toute personne hébergeant ou nourrissant un animal errant dans l’espace public est passible d’une amende pouvant atteindre 3 000 DH.
* **Négligence des propriétaires :** le non-enregistrement d’un animal de compagnie ou le fait qu’il ne porte pas son numéro d’identification expose son propriétaire à une amende pouvant atteindre 15 000 DH.
* **Centres non autorisés :** des amendes pouvant aller jusqu’à 500 000 DH sont prévues pour les centres fonctionnant sans autorisation, et jusqu’à 100 000 DH en cas d’absence de supervision vétérinaire ou de non-enregistrement des données des animaux.
