Une bombe à la rentrée scolaire : les manuels des “Écoles Pionnières” à seulement 4 dirhams déclenchent la colère des libraires et menacent d’une “guerre civile” entre éditeurs !

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La prochaine rentrée scolaire s’annonce sous le signe d’une crise aiguë dans le secteur de la vente de livres, suite à la fixation de prix incroyablement bas pour les manuels scolaires destinés au projet “Écoles Pionnières”, qui seront vendus en librairie à des prix allant de 4 à 16 dirhams seulement. Cette tarification, qualifiée d'”insoutenable” par les professionnels du secteur, a déclenché une vague de colère parmi les libraires, qui dénoncent leur absence des consultations et alertent sur les risques économiques imminents qui pourraient conduire à la faillite de leurs librairies et à l’émergence d’un marché parallèle.
Un “règlement de comptes” entre éditeurs : qui est responsable de la fixation de prix désastreux ?
El Hassan Moatassim, président de l’Association des libraires du Maroc, a révélé dans une déclaration exclusive que ces prix désastreux sont le résultat direct de ce qu’il a décrit comme une “concurrence déloyale entre éditeurs, prenant la forme d’un règlement de comptes commercial”. Moatassim a affirmé que ces fortes remises entre les maisons d’édition se sont directement répercutées sur le prix final des livres, sans la moindre considération pour les intérêts des autres maillons de la chaîne de distribution. Il a exprimé son profond regret de ne pas avoir associé le réseau des libraires à aucune étape de l’élaboration des cahiers des charges ou de la fixation des prix, les considérant comme un “maillon essentiel de la chaîne du livre scolaire”.
“Nous ne couvrons même pas nos frais” : le cri des libraires face à des prix qui tuent la marge bénéficiaire !
Le président de l’association a souligné que ces prix bas ne permettent pas aux librairies de couvrir leurs frais de fonctionnement, et encore moins de dégager une marge bénéficiaire garantissant leur pérennité. “Comme toute activité commerciale, une librairie doit fonctionner selon un modèle durable. Lorsque des prix déconnectés de la réalité économique sont imposés, c’est toute une profession que l’on fragilise”, a-t-il déclaré. L’Association des libraires demande un cadre de travail plus inclusif et équilibré, plaidant pour leur implication dans toutes les décisions relatives au manuel scolaire public, et proposant l’élaboration d’un cahier des charges participatif garantissant un partage équitable des responsabilités et des bénéfices entre tous les acteurs.
Le spectre du “marché noir” se profile : l’intervention du ministère réussira-t-elle à désamorcer la crise ?
Bien que l’association n’appelle pas actuellement au boycott de la vente de ces manuels, son président a mis en garde contre les “risques de dérives graves” si la situation perdure. “Il existe une réelle préoccupation quant au non-respect du cahier des charges de distribution, ce qui pourrait favoriser l’émergence d’un marché noir échappant à tout cadre légal, au détriment de toutes les parties”, a-t-il ajouté. Dans une lueur d’espoir, El Hassan Moatassim a fait état d’une réunion qualifiée de “positive” tenue récemment avec la direction des programmes du ministère de l’Éducation nationale, où il a été convenu de renforcer la coordination entre l’association et le ministère pour organiser le secteur plus efficacement à l’avenir.
