Derrière les lumières du Mondial 2030… des bombes à retardement menacent de faire exploser le rêve marocain et de transformer la joie en catastrophe sociale, sur les traces du Brésil et de l’Afrique du Sud !

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Alors que les yeux du monde sont tournés vers le Maroc comme l’un des hôtes de la Coupe du Monde 2030, une image d’un avenir prometteur et radieux se dessine, soutenue par des annonces de projets gigantesques et de budgets astronomiques. Mais derrière cette façade étincelante se cache un test décisif pour le modèle de développement du Royaume, et des questions fondamentales sur la capacité du pays à transformer cet événement sportif historique d’une simple célébration coûteuse et temporaire en un véritable levier de développement durable qui touche la vie de chaque citoyen.
Des milliards de dirhams injectés… mais pour qui ?
Les plans pour le Mondial dépassent les frontières du football pour révéler une ingénierie économique colossale, avec des investissements de plus de 52 milliards de dirhams. Ce budget comprend la construction du plus grand stade d’Afrique d’une capacité de plus de 100 000 spectateurs, la rénovation de six autres stades, et l’expansion des réseaux routiers et du TGV vers Marrakech et Agadir. Bien que la capacité de l’État à mobiliser des fonds semble assurée, la question la plus importante demeure : ces lumières éblouissantes se transformeront-elles en un développement réel, ou ne seront-elles qu’une dépense massive sans retour social tangible ?
Le spectre des “éléphants blancs” : le Maroc répétera-t-il les erreurs du Brésil et de l’Afrique du Sud ?
L’histoire récente offre des leçons incontournables. En Afrique du Sud en 2010, les stades luxueux qui ont coûté 3,6 milliards de dollars sont devenus un fardeau économique et des installations abandonnées connues sous le nom d'”éléphants blancs”, dévorant d’énormes budgets d’entretien sans que le citoyen ordinaire n’en bénéficie. Au Brésil en 2014, le pays a dépensé 15 milliards de dollars pour des stades somptueux dans des régions pauvres, qui sont devenus plus tard des symboles de l’échec politique et ont déclenché des vagues de protestations populaires contre les dépenses de milliards pour le football alors que les secteurs de la santé et de l’éducation souffraient de négligence.
Après le coup de sifflet final… le véritable défi pour le citoyen marocain
Le plus grand défi pour le Maroc n’est pas seulement de réaliser les projets à temps, mais de les lier organiquement aux besoins des citoyens. Lorsque des milliards sont investis dans des stades de classe mondiale alors que les hôpitaux des régions reculées souffrent d’une grave pénurie de médecins et d’équipements, la question des priorités devient éminemment politique. Le citoyen ne se souciera pas du nombre de caméras dans le nouveau stade de Benslimane autant que de la qualité des services quotidiens. L’échec à distribuer équitablement les bénéfices du Mondial à toutes les régions du Royaume et à dépasser la logique de “façade” pourrait transformer le rêve en cauchemar.
L’organisation de la Coupe du Monde doit être une occasion de renouveler le contrat social et de bâtir la confiance entre l’État et le citoyen, et cela ne se réalisera pas uniquement avec des stades, mais en garantissant la transparence, une distribution équitable des richesses et en pensant sérieusement à l'”après-Mondial” avant que les invités ne partent.
