Le choc de l’été brûlant… “Victime de son succès”, le Maroc fait face à la colère des touristes et au spectre d’une saison désastreuse à cause de la flambée des prix !

Ariffino.net/Spécial
Alors que les professionnels du tourisme pariaient sur une saison estivale record, portés par l’enthousiasme post-Coupe du Monde des Clubs et les bons chiffres de l’Opération Marhaba, la réalité du terrain est venue sérieusement tempérer les attentes. De Marrakech à Agadir, en passant par Saïdia et Chefchaouen, le constat est quasi unanime : le début de saison est décevant, la faute à une hausse vertigineuse des prix qui freine aussi bien les touristes marocains que les visiteurs étrangers.
“Tout a doublé !”… Un cri unanime des touristes face à une cupidité sans précédent !
“Avant, avec 200 dirhams, je pouvais traverser l’Atlas et revenir avec un bon tagine. Aujourd’hui, cette somme suffit à peine pour un déjeuner”, se lamente Mehdi, un touriste de Fès à Marrakech. Sa compagne confirme : “Même les petits riads ont doublé leurs tarifs, ce qui nous a obligés à raccourcir notre séjour”. Ce sentiment de frustration est partagé par de nombreux visiteurs, qui peinent à faire correspondre leur budget aux réalités du marché. À Agadir, des touristes étrangers s’indignent sur internet : “Nous venons au Maroc depuis 2017, mais nous n’avons jamais vu de telles hausses. Le coût des excursions rivalise désormais avec celui de l’Europe”.
Plages bondées et restaurants vides… Des professionnels au bord de la faillite !
L’ambiance n’est pas meilleure chez les professionnels. Rachid, gérant d’un petit restaurant à Rabat, confie avec amertume : “Nous avons légèrement augmenté les prix pour couvrir les coûts, et nous avons perdu des clients. Les touristes jettent un œil au menu et repartent”. Même son de cloche chez les bateliers du Bouregreg, qui peinent à trouver des clients pour leurs promenades autrefois populaires. “La clientèle locale a disparu, et tout le monde répète la même chose : c’est trop cher”, déplore Hamid, batelier depuis 15 ans. À Saïdia, malgré des plages pleines, les terrasses restent désespérément vides, certains établissements étant même contraints de fermer plus tôt faute d’activité.
Un expert du tourisme tire la sonnette d’alarme : “Nous sommes victimes de notre succès, et c’est là le désastre !”
Pour l’expert en tourisme Aziz Bouhout, cette situation était prévisible. “Tout a explosé : l’hébergement, la restauration, les carburants, les billets d’avion. Cette situation dissuade les touristes marocains résidant au pays, ainsi que les MRE. Beaucoup préfèrent raccourcir leur séjour ou rester en famille plutôt que d’aller à l’hôtel”, explique-t-il dans une déclaration à un média. Il ajoute avec amertume que le tourisme marocain “a misé sur une croissance mécanique, mais a oublié l’érosion du pouvoir d’achat des touristes, en particulier marocains”. Selon une analyse publiée sur le site “Premium Travel News”, les indicateurs de réservation à Marrakech suggèrent un retour au rythme de la moyenne saison. Bouhout prévient que le Maroc pourrait faire face à une “désaffection durable” si les professionnels ne révisent pas leurs stratégies tarifaires, concluant : “Nous sommes victimes de notre propre succès”.

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