Le Trésor se remplit sur le dos des pauvres : les chiffres records des impôts cachent la face sombre du gouvernement !

Ariffino.net/Spécial
Derrière les chiffres records annoncés par le gouvernement concernant la collecte de 144 milliards de dirhams d’impôts au cours des cinq premiers mois de 2025 se cache une réalité économique moins reluisante. Alors que le gouvernement se félicite de cette croissance, des experts économiques estiment que cette réussite révèle des déséquilibres profonds, notamment une augmentation de la charge fiscale sur le citoyen ordinaire et la poursuite de la politique d’endettement de l’État malgré l’augmentation des recettes.
Une fiscalité injuste : le fardeau sur le consommateur, les riches à l’abri
Les données montrent que la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), payée directement par le consommateur, reste le principal contributeur aux recettes avec environ 40 milliards de dirhams, soit 28 % du total. À cet égard, l’expert en économie politique Mohamed Rehtot affirme que “le gouvernement compte principalement sur les poches des consommateurs, en particulier les classes pauvres et moyennes, pour financer son budget, au lieu d’imposer une fiscalité équitable sur les grandes fortunes”. Il ajoute que le gouvernement actuel n’a pas tenu sa promesse de justice fiscale, mais a au contraire consacré un système qui aggrave les inégalités sociales et affaiblit le pouvoir d’achat, sans amélioration tangible des services publics.
Un paradoxe flagrant : des recettes records et des dettes croissantes
Le recours continu du Maroc à l’emprunt sur les marchés locaux et internationaux soulève de sérieuses questions sur la gouvernance des finances publiques, surtout compte tenu de ces recettes fiscales élevées. Le Dr Abdelkebir Aït Kzoul, expert en finances publiques, estime que “ce paradoxe reflète un déficit structurel de l’économie, où la croissance des recettes n’est pas accompagnée d’une maîtrise efficace des dépenses”. Il explique que “le recours à l’emprunt dans ces conditions suggère que les priorités du gouvernement ne sont peut-être pas orientées vers l’investissement productif, mais plutôt vers le colmatage de brèches, ce qui affaiblit la souveraineté économique du pays à long terme”.
Le discours du succès face à la réalité du mécontentement
Alors que le gouvernement présente ces chiffres comme une preuve du succès de sa politique financière, le citoyen vit sous la pression de vagues successives de hausse des prix et d’une charge fiscale indirecte. Même la hausse de l’impôt sur le revenu, qui a atteint 27,6 %, a été soutenue par une opération de régularisation volontaire qui a rapporté 3,8 milliards de dirhams, ce que certains observateurs considèrent comme une “amnistie fiscale” qui ne s’attaque pas au problème de l’évasion à la racine. Les experts concluent que les chiffres seuls ne suffisent pas à créer un véritable changement, à moins d’une volonté politique de mettre en œuvre la justice fiscale, de lutter contre la rente et de lier le paiement des impôts à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens.
