Un trésor de 60 milliards de dollars sous les montagnes de l’Atlas… Comment une découverte marocaine géante va-t-elle bouleverser l’équilibre des forces dans la guerre mondiale des batteries ?

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Avec la découverte du gisement prometteur d’Amassine, le Maroc s’affirme comme un nouveau pilier de la chaîne d’approvisionnement mondiale en cobalt, offrant une source stable, industrialisable et conforme aux exigences ESG, à un moment clé de la transition énergétique mondiale.
Face à l’explosion de la demande mondiale de véhicules électriques, la pression sur les chaînes d’approvisionnement en cobalt s’intensifie. Après avoir été longtemps dominé par la République Démocratique du Congo, ce marché stratégique s’ouvre à de nouveaux horizons, parmi lesquels le Maroc attire désormais une attention croissante, notamment depuis la percée géologique réalisée par la société Catalyst Mines dans l’Anti-Atlas.
Plus de 600 millions de tonnes… Une découverte qui place le Maroc au cœur de la révolution des véhicules électriques !
À une centaine de kilomètres au sud-ouest de la mine historique de Bou Azzer, des échantillons prélevés dans des tranchées à ciel ouvert dans les montagnes de Siroua ont révélé de fortes teneurs en cobalt, nickel et chrome. Les estimations initiales évoquent un potentiel de plus de 600 millions de tonnes de roches minéralisées, d’une valeur pouvant dépasser 60 milliards de dollars. Selon Tracy Hughes, directrice exécutive de l’Institut des Minéraux Critiques (CMI), cette découverte pourrait constituer un tournant majeur dans la géopolitique des batteries. Contrairement à Bou Azzer, connu pour ses veines étroites, le projet Amassine se distingue par une minéralisation massive en surface, propice à une exploitation à ciel ouvert, moins coûteuse et plus évolutive.
Une alternative sûre et fiable… Le cobalt marocain mettra-t-il fin à l’hégémonie du Congo et de l’Indonésie ?
Le Maroc ne se contente pas de découvrir des ressources, il investit massivement dans leur transformation. Le projet de raffinerie de sulfate de cobalt mené par le groupe Managem près de Marrakech vise à produire jusqu’à 6 000 tonnes par an de cobalt de qualité batterie d’ici 2025. Cette infrastructure pourrait devenir le débouché naturel de la production d’Amassine, évitant ainsi une dépendance vis-à-vis de circuits logistiques lointains et incertains. Face à l’hégémonie congolaise et à la montée en puissance de l’Indonésie, considérés comme des fournisseurs à risque, le Maroc offre une alternative crédible, d’autant plus qu’il bénéficie d’accords de libre-échange avec les États-Unis et l’Union européenne, renforçant son attrait pour les industriels occidentaux en quête de chaînes d’approvisionnement sûres et traçables.
De la mine à l’usine… Un plan intégré pour transformer la richesse minérale en développement réel
Le projet attire déjà des groupes chinois comme COBCO, qui s’allient à des acteurs marocains pour construire des raffineries de nickel-cobalt, tandis que d’autres consortiums explorent de nouveaux permis en collaboration avec la holding royale Al Mada. L’impact d’Amassine dépasse le seul aspect industriel ; il est prévu que son exploitation finance des projets de développement local (routes, dispensaires, centres de formation) dans une région à fort taux de chômage. Si le potentiel de ce projet se confirme, le Maroc pourrait doubler sa production de cobalt, intégrer le top 5 mondial et transformer les hauteurs de Siroua en une nouvelle capitale de la chaîne de valeur du cobalt.
