attelé à la défense des droits des migrants à Nador: Omar Naji l’humaniste

  Hassan Bentaleb..Liberation

Ces Marocains attelés à la défense des droits des migrants

C’est l’homme de toutes les migrations à Nador. Timide, discret et prudent, il préfère travailler dans l’ombre. Son rôle dans l’observation,  le suivi, et l’évaluation de la situation des droits de migrants est incontestable.
Omar Naji est né en juillet 1968 à Laâyoune orientale, près d’Oujda. Il est ingénieur de formation et diplômé de l’Institut national d’aménagement et d’urbanisme.  Son activisme associatif a commencé au sein de l’UNEM et de l’AMDH et a pris une dimension nouvelle au sein du  Forum d’urbanisme,  d’environnement et de développement (FUED), conçu comme un cadre pour débattre des problèmes concrets de l’urbanisme et de l’environnement, monter des projets de développement et assister la population pour l’amélioration de leur cadre de vie en les sensibilisant et en  les faisant participer aux activités afférentes à la protection de l’environnement.
Le dossier de la migration s’est invité à lui par la force des choses. «La réalité de la migration dans la ville de Nador est exceptionnelle et il  est impossible de ne pas s’y intéresser en tant que défenseur des droits de l’Homme. L’acharnement des autorités locales contre les migrants nous a interpellés. En fait, l’approche sécuritaire est omniprésente et  les migrants vivent ici au rythme des opérations de ratissage, des arrestations et de refoulements vers l’intérieur du pays», nous a-t-il déclaré.  Une violence qui a marqué à jamais la mémoire de Omar Naji, qui ne semble pas être près d’oublier le souvenir de cet agent d’autorité qui avait osé arrêter  des enfants sans leur mère et de les jeter dans un bus afin de les refouler sans se préoccuper un seul instant de leurs larmes ou leurs supplications et sans penser à la peine qu’il causait ainsi à leurs mères.
«Omar Naji est  un militant de tous les jours et de tous les combats. Et il ne cesse de fournir  les efforts nécessaires et déployer l’énergie qu’il faut pour défendre les droits de l’Homme dans sa ville. C’est un homme de terrain infatigable qui  s’acquitte de sa noble tâche avec passion, abnégation et fidélité », constate Amine Abidar, membre de l’AMDH-section Nador. Et de poursuivre : « C’est un citoyen simple et humble qui symbolise le Marocain, le vrai. Il est d’une grande modestie et entretient de bonnes relations avec ses collaborateurs et ses proches ainsi qu’avec le commun des mortels. Bref, c’est un grand humaniste».
Amine n’oubliera jamais que Omar Naji, jadis directeur du Centre d’investissement de Nador, avait pris part aux manifestations du 20 février en compagnie de sa femmes et de ses enfants malgré ses responsabilités et le poste sensible qu’il occupait. « Et c’est à cause de ses positions et de son engagement qu’il a été combattu et sanctionné. Mais,  un homme de principe comme lui, n’était  pas prêt à infléchir ses prises de positions ni renoncer à ses principes et à son humanisme», précise  Amine Abidar.
Alpha Camara a eu l’occasion de côtoyer Omar Naji lors d’un cycle de formation initié par l’AMDH sur les personnes en besoin de protection internationale. Il se souvient d’un homme de terrain, professionnel et méthodique dans son travail.  « Dans ses interventions ou au cours des discussions, on ressentait sa passion et sa sincérité. Il est très solidaire de la cause des migrants. Notamment dans une ville comme Nador où la situation de ces derniers est exceptionnelle. En fait, cette cité est en retrait sur plusieurs plans  (droits, intégration..) par rapport à d’autres villes marocaines », observe-t-il. Et de poursuivre : « Omar Naji donne de sa personne pour cette cause, de sa disponibilité, de son énergie, de son expérience et de ses compétences pour améliorer les conditions de vie des migrants et surtout lutter contre les violences physiques qui leur sont faites ».
Sa longue expérience dans le domaine de la migration lui a appris que cette question s’est transformée, au fil des ans, en véritable business. Pour lui, si la construction des barrières a certainement  rendu difficile l’accès à Sebta et Mellilia, elle a par contre permis de développer le trafic des êtres humaines via certains points de passage. Ces traversées coûtent aujourd’hui entre 1.500 et 3.000 euros. «On est passé de l’ère des migrations gratuite à celles qui sont payantes. Et qui dit argent, dit trafiquants et nombre de complicités parmi les autorités chargées de lutter contre la migration irrégulière. C’est là tout le danger puisque  de plus en plus des personnes risquent  leurs  vies quotidiennement », a-t-il conclu.

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