Bombe à retardement pour les élections de 2026… Les jeunes, les femmes et les urbains désertent la politique, les partis face au “plus grand défi” pour leur légitimité !

Ariffino.net/spécial

Alors que le gouvernement Akhannouch entame sa dernière année de mandat, les partis politiques se tournent vers les élections de 2026. Mais le véritable enjeu n’est peut-être pas de savoir qui dirigera le “gouvernement du Mondial”, mais plutôt de convaincre une large partie des Marocains de se rendre aux urnes.

Moins d’un tiers des Marocains décident du sort du gouvernement… Une crise de légitimité se profile
Les chiffres sont alarmants : au cours des cinq dernières élections législatives, le taux de votes valides par rapport à la population en âge de voter n’a jamais dépassé 33%. Il est même tombé à 22% en 2011 avant de remonter à 30% en 2021. Cela signifie que moins d’un tiers des Marocains éligibles décident réellement de la composition du parlement et du gouvernement, ce qui pose un sérieux défi à la légitimité politique des institutions élues.

Un fossé profond entre villes et campagnes… Pourquoi les citadins ont-ils abandonné les urnes ?
Le fossé entre le monde urbain et rural est une caractéristique structurelle du paysage politique marocain. Alors que le taux d’inscription sur les listes électorales atteint 94% en milieu rural, il ne dépasse pas 57% en ville, selon le HCP. Cela se reflète dans la participation, qui variait entre 20% et 27% à Casablanca en 2021, alors qu’elle dépassait 50% dans la plupart des circonscriptions rurales. Le chercheur David Goeury explique ce phénomène par une “déception” des citadins politisés après les expériences gouvernementales passées.

La jeunesse “en colère”… Un énorme réservoir électoral hors du radar des partis politiques
La crise de la participation est encore plus marquée chez les jeunes. En 2021, sur 3 millions de jeunes primo-votants, seul 1 million s’est inscrit sur les listes électorales. David Goeury estime que l’intérêt des jeunes pour la politique, qui naît au cours des études supérieures, se heurte rapidement à des déceptions liées au chômage et à l’exclusion, repoussant leur participation à la quarantaine. Le plus grand défi pour les partis en 2026 sera donc de regagner la confiance des citadins, des jeunes et des femmes, un vivier électoral massif mais difficile à reconquérir.

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