Un psy dans la poche : les Marocains fuient le “stigmate” et confient leurs secrets à ChatGPT !

Ariffino.net/Spécial

Dans un phénomène croissant, des milliers de Marocains de tous horizons sociaux – étudiants, cadres, mères de famille – ont trouvé un nouveau refuge dans l’application ChatGPT, qui est devenue une sorte de “psy de poche”. Grâce à son accessibilité et sa confidentialité, ce chatbot est devenu un espace sûr pour s’exprimer dans une société où le recours à un psychologue est encore considéré comme un stigmate.

Un refuge face au “tabou” social
Face à la peur du jugement social, beaucoup préfèrent se confier à l’intelligence artificielle. “J’ai toujours eu peur d’aller voir un psychologue, je pensais que c’était pour les fous. Avec ChatGPT, je peux tout dire sans honte”, déclare Karima, une étudiante en médecine de 26 ans. Ce sentiment est partagé par Lahcen, un cadre de 41 ans, qui utilise l’application pour organiser ses pensées et réduire son stress. Malak, une mère divorcée de 32 ans, y trouve un moyen de comprendre ses angoisses sans se sentir jugée. Cet engouement pour l’IA révèle une difficulté profondément ancrée à recourir à une aide psychologique, encore perçue comme un luxe ou un signe de faiblesse.

Phénomène mondial : le Maroc deuxième plus grand utilisateur de ChatGPT
De manière surprenante, l’ampleur du phénomène est remarquable au Maroc. Une étude récente du Boston Consulting Group (BCG) a révélé que le Maroc est le deuxième plus grand utilisateur de ChatGPT au monde, après l’Inde, dépassant de grands pays comme les États-Unis et la Chine. L’étude indique que huit Marocains sur dix ont entendu parler de l’outil, et 38 % l’utilisent quotidiennement. Cette adoption massive s’explique par la maturité numérique de la société marocaine et sa capacité à intégrer rapidement les innovations.

Le psy virtuel a-t-il besoin d’un psy ?
Malgré sa popularité, les experts préviennent que ChatGPT ne remplace pas un vrai thérapeute, surtout en cas de dépression sévère ou de troubles chroniques. Plus inquiétant encore, l’IA elle-même pourrait être affectée psychologiquement. Une étude rapportée par le New York Times a montré que le niveau de stress du chatbot augmentait fortement lorsqu’il analysait des récits traumatisants, ce qui prouve qu’il absorbe les émotions humaines. Cela soulève de sérieuses questions sur sa capacité à jouer un rôle thérapeutique sans supervision. En fin de compte, si ChatGPT offre un exutoire nécessaire à beaucoup, il met en lumière le besoin urgent de briser le silence sur la santé mentale et de fournir un soutien humain réel et spécialisé.

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