“La bataille mondiale des batteries s’intensifie… Le Maroc ouvre ses coffres-forts secrets !”

Ariffino.net

Face à la perspective d’une explosion de la demande mondiale de nickel, un composant vital dans la fabrication des batteries de voitures électriques, le Maroc se trouve face à une nécessité stratégique de réévaluer ses richesses minières et de développer une chaîne de valeur complète, de l’extraction au raffinage, pour renforcer sa souveraineté industrielle et protéger son économie des fortes fluctuations de prix dans ce secteur vital.

Un trésor stratégique souterrain… le Maroc peut-il rattraper la course ?
Alors que la demande de nickel devrait doubler d’ici 2030 pour atteindre 1 million de tonnes par an rien que pour le secteur des batteries, et que de grandes puissances industrielles comme la Chine renforcent leurs stocks stratégiques en profitant de la baisse actuelle des prix, le Maroc apparaît comme un acteur potentiel avec des possibilités prometteuses. Bien que la production actuelle soit limitée à de petites quantités en tant que sous-produit de la mine de Bou Azzer, les cartes géologiques indiquent de forts indices de gisements inexplorés dans les régions de Zagora, Ouarzazate, Midelt, Guercif et Chefchaouen. Des explorations récentes menées par des organismes tels que l’ONHYM et des sociétés internationales ont révélé des résultats encourageants avec de fortes concentrations de nickel, ouvrant la voie au développement de cette richesse latente.

De la mine à l’usine… le défi de construire une chaîne de valeur intégrée
La course pour sécuriser le nickel ne se limite pas à l’extraction ; elle s’étend à la capacité de le transformer et de le fabriquer. Dans ce contexte, le projet de l’usine Cobco au Maroc, fruit d’un partenariat entre Al Mada et la société chinoise CNGR, se distingue par la production de précurseurs de batteries NMC (nickel, manganèse, cobalt). Cependant, cette usine dépend actuellement des importations pour ses besoins en nickel, ce qui soulève une question fondamentale : le Maroc peut-il passer du statut de simple producteur de matière première à celui de constructeur d’une chaîne de valeur industrielle complète intégrant la production minière locale et des unités de transformation avancées, à l’instar de ce que fait le groupe Managem sur son site de Guemassa ?

Économie circulaire et stock stratégique… les clés de la souveraineté industrielle
Pour relever ce défi, il faut adopter une vision multidimensionnelle. En plus d’intensifier l’exploration, des experts, comme le CESE, soulignent la nécessité d’activer une “économie circulaire” en recyclant les déchets électroniques et les batteries usagées pour récupérer des métaux stratégiques. La constitution d’un stock stratégique national de nickel, à l’instar du modèle chinois, est également devenue une nécessité urgente pour amortir les chocs des prix mondiaux. Le gouvernement, par le biais de la nouvelle réforme de la loi sur les mines, s’oriente vers l’établissement d’une liste de métaux stratégiques, ce qui lui permettra d’obliger les sociétés minières à consacrer une partie de leur production à la satisfaction des besoins de l’industrie nationale, une étape décisive pour assurer l’avenir de l’industrie des batteries dans le Royaume.

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