La Porte de l’Or Blanc : Un projet secret à 5,5 milliards de DH qui bouleverse l’équilibre des forces et place le Maroc sur le trône de l’industrie du futur !

Ariffino.net/Spécial
Le Maroc écrit aujourd’hui un nouveau chapitre de son avenir industriel, posant les jalons de projets stratégiques qui le positionneront à terme comme un leader régional dans l’industrie des batteries, couronnant une trajectoire initiée avec la première gigafactory de batteries en Afrique. Au sein de cette chaîne de valeur intégrée, l’annonce officielle du projet de la première raffinerie de lithium du Royaume vient concrétiser une alliance entre le géant coréen des batteries, LG Energy Solutions, et le groupe chinois Yahua.
L’affaire du siècle : Comment un investissement colossal va-t-il redessiner le paysage industriel marocain ?
Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, a joué un rôle central dans cette réalisation. Après avoir qualifié le projet de gigafactory de “projet d’intérêt stratégique” lors de la 8ème Commission nationale d’investissement, le ministre a tenu une réunion le 23 juillet 2025 avec les représentants des deux sociétés portant le projet de raffinerie. Avec un investissement de 5,5 milliards de dirhams (environ 610 millions de dollars), cette raffinerie devrait s’approvisionner en lithium brut des mines et le valoriser pour atteindre une pureté d’au moins 99 %, le rendant ainsi apte aux normes industrielles de pointe, notamment pour la fabrication de batteries. Il est bien connu que les minerais de lithium extraits des mines contiennent des impuretés et des minéraux secondaires, et leur utilisation directe dans des industries de pointe comme celle des batteries compromet les performances souhaitées, ce qui nécessite des processus chimiques complexes de purification.
Au-delà du projet : une bataille géopolitique pour briser l’hégémonie chinoise
L’importance stratégique de ce projet repose sur deux axes fondamentaux : premièrement, le lithium est un composant indispensable dans tous les types de batteries électriques (NMC, LFP, LCO, LMO…). Deuxièmement, le raffinage local réduira les coûts de production de la batterie marocaine, assurera une meilleure disponibilité de la matière première et protégera l’industrie nationale des fluctuations des marchés mondiaux. L’hégémonie de la Chine sur les raffineries de lithium à l’échelle mondiale, couplée à un contexte géopolitique tendu (conflits au Moyen-Orient, guerre russo-ukrainienne, crise de Bab el-Mandeb), constitue une menace réelle de perturbation des chaînes d’approvisionnement. D’où l’importance pour le Maroc de sécuriser l’ensemble de sa chaîne de valeur pour garantir la compétitivité de son industrie. Une analyse de la carte de répartition des raffineries (source : Mineralinfo) montre une concentration écrasante en Chine, suivie du Chili. En revanche, ces installations sont rares en Europe, en Asie (hors Chine) et en Afrique.
Profits faramineux : la différence choquante entre le prix du brut et celui du produit raffiné
Pour démontrer l’énorme viabilité stratégique du projet, même en l’absence de production minière locale pour le moment, il suffit de regarder les marges bénéficiaires potentielles. Le prix de la tonne de concentré de lithium brut du Zimbabwe (avec une concentration de 5 %) oscille entre 730 et 790 dollars. En revanche, les prix des produits raffinés de haute qualité (selon la bourse de Shanghai) atteignent des sommets : le carbonate de lithium de qualité batterie à 8 235 $/tonne, et l’hydroxyde de lithium de qualité batterie à 7 142 $/tonne. Ces chiffres révèlent une valeur ajoutée colossale, plus de 9 fois supérieure au prix du brut, ce qui justifie l’importance stratégique capitale de cette raffinerie au Maroc. Bien que le Ghana ait déjà commencé la construction d’une raffinerie qui devrait être opérationnelle en 2026, le projet marocain bénéficie d’avantages multiples, notamment un écosystème industriel en développement, la proximité du marché européen et le leadership mondial du Royaume dans la production d’acide phosphorique.
Trésors souterrains : le Maroc détient-il la clé de la future production de lithium ?
Actuellement, le Maroc ne produit pas de lithium, mais il dispose d’indices prometteurs qui nécessitent des investissements et du temps pour être développés. L’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) développe avec ses propres moyens plusieurs sites potentiels près de Khémisset, Aïn Leuh et Rehamna. La société Lithium Africa est le seul opérateur privé menant un projet d’exploration dans la région de Bir Lmami. À cela s’ajoute le gisement de Jbel Ghasoul, près de Missour, qui contient du lithium dans ses argiles. En attendant le développement de ce potentiel local, le Maroc peut facilement s’approvisionner en lithium brut auprès de mines géographiquement proches, notamment au Mali (gisement de Goulamina) et en Côte d’Ivoire (Agboville et Rubino), ce qui appelle à la constitution de stocks stratégiques pour protéger son industrie des chocs futurs.
