Un coup de massue de 900 milliards pour les retraités au Maroc

Ariffino.net

Alors que le débat sur la réforme des retraites s’intensifie, une récente étude universitaire a tiré la sonnette d’alarme sur l’avenir de millions de retraités marocains, révélant de graves défis liés à la gestion et à la pérennité des fonds de pension, estimés à plus de 300 milliards de dirhams, et une “dette implicite” massive qui menace l’ensemble du système.

Déficit technique et dettes de 900 milliards… les chiffres qui ne mentent pas
L’étude, publiée par la revue “Cahiers” et préparée par des chercheurs des universités Ibn Tofail et Mohammed VI Polytechnique, a révélé que les trois principaux régimes de retraite (CMR, CNSS, RCAR) souffrent d’un déficit technique inquiétant, les pensions versées dépassant les cotisations perçues en 2022. Mais la plus grande catastrophe réside dans la “dette implicite” non provisionnée, qui a atteint 898 milliards de dirhams, soit 69% du PIB du Maroc, ce qui représente un engagement énorme pour l’État et les générations futures.

Une gestion des risques absente… comment les fonds des retraités sont-ils investis ?
Le document de recherche soulève de sérieuses questions sur l’efficacité de la gestion financière des fonds de réserve, notant que les méthodes d’investissement actuelles ne tiennent pas compte de risques importants tels que le risque de défaut, le risque de liquidité, ou même les risques liés à la délégation de la gestion à des sociétés externes. Selon l’étude, le système actuel manque également de mécanismes clairs pour faire face aux chocs économiques majeurs, ce qui expose les fonds des retraités en période de crise.

Un fossé flagrant… les pensions du secteur public quatre fois supérieures à celles du secteur privé
L’étude a mis en évidence une disparité flagrante qui révèle un manque d’équité entre les régimes. En 2022, la pension mensuelle moyenne du régime public (CMR) était de 8 208 dirhams, tandis que la moyenne du régime privé (CNSS) ne dépassait pas 2 156 dirhams, un montant inférieur au salaire minimum. Cette disparité est due à la faiblesse des salaires déclarés dans le secteur privé et à un plafond de pension de 4 200 dirhams, contrairement au régime du secteur public. Les chercheurs soulignent le besoin urgent d’une réforme globale et approfondie pour garantir la pérennité du système et protéger les droits futurs des retraités.

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