Des chiffres chocs révèlent toute la vérité sur les salaires des femmes au Maroc… Un fossé énorme engloutit les villages et une disparité mystérieuse secoue les villes !

Ariffino.net/Spécial
Une étude récente publiée dans la revue “Development Studies Research”, préparée par les chercheurs Fatima Mounir, Saïd Hanchane et Khalid Soudi, a révélé des évolutions notables dans l’écart de rémunération entre hommes et femmes au Maroc, avec la persistance de profondes disparités, notamment entre les zones urbaines et rurales.
Basée sur les données des enquêtes nationales sur l’emploi pour les années 2012, 2015 et 2017, l’analyse a fourni un tableau détaillé de la répartition des salaires, en tenant compte de multiples facteurs tels que l’éducation et les caractéristiques professionnelles.
Entre le village et la ville… Le fossé se réduit-il ou s’approfondit-il ?
L’étude a mis en évidence une réduction significative de l’écart salarial global. En milieu urbain, cet écart est passé de 8,3 % en 2012 à seulement 3,4 % en 2017. Cependant, la situation en milieu rural révèle une réalité complètement différente : bien que l’écart se soit réduit par rapport à 41,8 % en 2012, il est resté à un niveau très élevé de 25,4 % en 2017. L’étude a attribué cette évolution à des facteurs tels que l’amélioration du niveau d’éducation des femmes, les augmentations successives du salaire minimum et les transformations structurelles de l’économie vers les secteurs des services et de l’industrie.
Plus instruites et moins payées ?… Un portrait inattendu de la femme active marocaine !
Bien que les femmes ne représentent qu’environ 20 % de la main-d’œuvre salariée, elles ont un niveau d’éducation plus élevé, 23 % d’entre elles détenant un diplôme supérieur contre seulement 10 % des hommes. Les femmes sont également plus concentrées dans le secteur public (18 % contre 15 % pour les hommes) et le secteur formel (44 % contre 32 %). Paradoxalement, le salaire mensuel moyen des femmes (2808 dirhams) était légèrement et de manière non significative plus élevé que celui des hommes (2799 dirhams) en 2017, mais cela s’explique par le fait que leur salaire horaire est plus élevé (19,54 dirhams contre 17,29), tandis qu’elles travaillent moins d’heures par semaine (43,9 heures contre 50,2 heures).
Derrière les chiffres… Une “discrimination cachée” frappe l’élite et les hautes compétences !
En analysant la soi-disant “composante inexpliquée” de l’écart, souvent attribuée à la discrimination, les chercheurs ont constaté qu’elle avait diminué au niveau national, passant de 24,7 % en 2012 à 13,8 % en 2017. Cependant, les chiffres deviennent plus alarmants lorsqu’on examine des catégories professionnelles spécifiques. En 2017, l’écart de rémunération pour les professions hautement qualifiées a atteint 39,1 % au niveau national, grimpant à 49,7 % en milieu rural, avec une part “inexpliquée” atteignant 61,4 % de cet écart. L’étude montre également que l’écart est plus prononcé dans les déciles de salaires inférieurs, tandis qu’il se réduit et s’inverse presque dans les déciles supérieurs, où les salaires des femmes convergent avec ceux des hommes, voire les dépassent, en raison d’un niveau de qualification plus élevé, une réalité qui reste cependant minoritaire.
