La sonnette d’alarme retentit avec force… Les barrages marocains à l’agonie en plein été et quatre grands bassins face au spectre de la sécheresse totale !

Ariffino.net/Spécial
Avec l’intensification des vagues de chaleur pendant la période des “semmā’im”, les retenues des barrages marocains continuent leur baisse accélérée, le taux de remplissage global s’approchant de niveaux critiques, menaçant d’étendre la zone de “stress hydrique chronique” que connaît le Royaume.
Selon les données officielles de la Direction Générale de l’Ingénierie de l’Eau, le taux de remplissage total des barrages du Maroc atteignait, au dimanche 3 août, seulement 35,39 %, soit une réserve d’eau d’environ 5,93 milliards de mètres cubes, sur une capacité totale de plus de 16,76 milliards de mètres cubes.
Une amélioration trompeuse… Les chiffres de cette année cachent-ils une catastrophe à venir ?
Bien que la situation actuelle semble meilleure par rapport à la même période l’année dernière, où le taux ne dépassait pas 28,63 %, enregistrant une augmentation de 6,76 points de pourcentage grâce aux précipitations printanières, la tendance à la baisse est préoccupante. En un seul mois, le taux de remplissage est passé de 38,01 % à la fin de juin dernier à moins de 35,8 % à la fin de juillet. Cette baisse rapide survient dans un contexte de forte demande en eau, tant pour la consommation domestique que pour l’irrigation agricole.
La zone rouge… 4 bassins géants au bord du gouffre !
Les données actualisées révèlent des disparités alarmantes entre les neuf bassins hydrauliques du pays, quatre d’entre eux étant entrés dans ce que l’on pourrait appeler la “zone de danger”. Les chiffres montrent une situation extrêmement critique dans le bassin de l'”Oum Er-Rbia”, dont la retenue est tombée à seulement 10,72 %. Il est suivi par le bassin de “Souss-Massa” avec un taux de remplissage ne dépassant pas 18,78 %, puis le bassin de la “Moulouya” qui a chuté à 29,06 %, et le bassin de “Drâa-Oued Noun” qui s’est stabilisé à 29,45 %.
Un Nord qui s’abreuve et un Sud qui a soif… Un paradoxe hydrique qui divise le Maroc !
En revanche, les bassins hydrauliques de la moitié nord du Royaume maintiennent des niveaux moyens, approchant pour la plupart la moitié de leur capacité. Le bassin de l'”Abou Regreg” est en tête avec un taux de remplissage de 63 %, bénéficiant des projets d’interconnexion hydrique réalisés. Il est suivi par le bassin du “Loukkos” avec 53,73 %, puis le bassin de “Ziz-Guir-Ghris” avec 50,45 %, tandis que le taux de remplissage du bassin du “Tensift” s’est stabilisé à environ 44 %. Ce contraste frappant met les autorités au défi de faire face au spectre de la soif dans de nombreuses régions, en particulier avec la poursuite des vagues de chaleur qui augmentent l’évaporation des eaux de surface.
